CIV-AGEPE-ESIA-2008-V0.1
Etude sur le Secteur informel à Abidjan (2008)
Caractéristiques des Unités de Productions Informelles à Abidjan en 2008
| Nom | Code pays |
|---|---|
| COTE D'IVOIRE | CIV |
Enquête 1-2-3, phase 2 [hh/123-2]
Le secteur informel n'a cessé de se développer en Côte d'Ivoire au cours de cette décennie, occupant une part de plus en plus importante des emplois. De 30% en 1998, sa part est passée à 31% dans l'emploi total en 2002. Dans l'agglomération d'Abidjan, la part de ce secteur est nettement plus importante. En effet, l'enquête 1-2-3 réalisée par l'Institut National de la Statistique en 2002 estime cette part à 76,7%. Au premier trimestre de l'année 2008, une enquête sur l'emploi auprès des ménages réalisée à Abidjan par l'Observatoire de l'emploi permet d'estimer la part de ce secteur à 76,5%. Le secteur informel occupe donc, à ce jour, la part la plus importante des emplois à Abidjan. Par conséquent, ses caractéristiques méritent d'être bien connues et cela ne peut se faire que par une étude sur les unités de production informelles. Le volet 2 de l'enquête 1-2-3 de l'INS a porté sur ce secteur, mais il convient d'actualiser ces données compte tenu du changement de contexte.
L'objectif principal de cette étude était de connaître les caractéristiques des opérateurs ainsi que celles des unités du secteur informel à Abidjan. De façon spécifique, elle devrait permettre de connaître : les caractéristiques des opérateurs du secteur informel ; les caractéristiques des unités de production informelles; l'environnement, la rentabilité économique et la teneur en emplois des activités informelles ; le capital, l'investissement et le financement du secteur informel ; les problèmes et les perspectives des activités informelles. A son terme, l'on peut en retenir les points suivants : Sur les caractéristiques des opérateurs, Les caractéristiques des opérateurs du secteur informel se dégagent en fonction d'un certain nombre de variables sociodémographiques : la commune, le sexe, l'âge, l'ethnie et le niveau d'instruction. Au niveau des communes, il est observé que le nombre d'opérateurs décroît avec le niveau socio-économique des populations. En ce qui concerne le sexe; on observe que les femmes sont surreprésentées parmi les chefs d'unité de production. Ces dernières sont par ailleurs davantage à leur propre compte par rapport aux hommes. Pour ce qui est de l'âge, les personnes d'un âge compris entre 25 et 54 ans sont surreprésentées dans la population des chefs d'unités de production informelles si l'on se réfère à la répartition de la population totale en âge de travailler. Cependant, les personnes d'un âge supérieur sont celles qui sont davantage employeurs. Concernant les groupes ethniques, les mandés du nord, les gour et les personnes naturalisées sont surreprésentés dans le secteur informel. Enfin, on observe que les personnes les moins instruites sont les plus représentées dans la population de chefs d'unités de production informelles. En ce qui concerne les caractéristiques des unités de production, Les unités de production informelles ont été analysées quant à elles par rapport au créateur de l'unité, le type de local, l'appartenance du local, la fourniture en eau, électricité et téléphone et l'enregistrement. A l'observation, les unités de production informelles ont généralement été créées par les personnes qui en sont chef actuellement. Elles ont, pour la moitié d'entre elles, une durée de vie supérieure à cinq ans. Le local dans lequel elles sont installées, quand elles le sont, n'est en général pas professionnel et n'est généralement pas la propriété du chef de l'unité. En ce qui concerne la localisation elle-même, on note qu'environ 81% sont localisées. Parmi ces unités localisées, 21% sont installées à domicile. Les unités de production informelles ne sont généralement pourvues ni d'eau courante, ni d'électricité et encore moins de téléphone. Concernant leur enregistrement, elles ne le sont généralement ni à la mairie, ni à la patente et encore moins au registre de commerce. Pour ce qui est de la tenue de comptabilité, très peu d'entre elles tiennent une comptabilité écrite formelle. La main-d'œuvre du secteur informel a un niveau d'instruction très faible, avec une part très faible (11,6%) d'emplois rémunérés mais majoritairement permanents (81,8%). Elle est recrutée à 18,1% par les relations personnelles qui constituent le mode de recrutement dominant. Celle-ci est rémunérée pour une grande part à la tâche. En ce qui concerne l'environnement, la rentabilité et la teneur en emplois des activités informelles, En tenant compte du secteur d'activité, le secteur des services regroupe le plus grand nombre d'unités de production informelles à Abidjan (87,9%). Un découpage plus fin en groupes de branches permet d'observer que ces unités de production sont pour une grande part dans le groupe « commerce de gros et de détail ; réparation de véhicules automobiles de motocycles et de biens personnels et domestiques ». Selon la profession, les chefs d'unités de production informelles sont constitués majoritairement de « personnel des services et vendeurs de magasin et de marché » (69,5%). La plupart (96,2%) des actifs du secteur informel à Abidjan travaillent au delà des normes légales alors qu'environ 69,6% d'entre eux perçoivent une rémunération inférieure au SMIG. La quasi-totalité (82,6%) des unités de production écoulent leur production auprès des ménages et l'on observe que les hommes ont une clientèle plus variée que les femmes dans le secteur informel à Abidjan. Les petites entreprises commerciales constituent le principal fournisseur des unités de production informelles (54%), davantage dans l'industrie (76,9%) qui a un type de fournisseur moins varié que les unités de services. En ce qui concerne la rentabilité économique, on note que le résultat d'exploitation est plus faible pour les femmes que pour les hommes et que sa valeur moyenne la plus élevée est observée dans le secteur des services. Concernant le capital, l'investissement et le financement du secteur informel, Le niveau du capital est très faible dans le secteur informel à Abidjan (92,4% des unités de production ont un capital inférieur à 250 000 FCFA). Il est plus faible pour les femmes (94,6% des unités qu'elles dirigent ont un capital inférieur à 250 000 FCFA). Par ailleurs, les unités de production à niveau de capital faible sont en plus forte proportion dans le secteur des services (93,6%). En tenant compte des groupes de branches, les groupes « activités de fabrication » et « transports, entreposage et communication » sont celles qui s'exercent dans une moindre mesure avec un capital en deçà de 250 000 FCFA (respectivement 81,5% et 81,3%). En ce qui concerne le financement des activités informelles, une part faible (11%) des chefs d'unités empruntent de l'argent pour faire fonctionner leur établissement, davantage chez les travailleurs à compte propre (10%). Les prêts sont principalement obtenus auprès de la famille ou des amis (70,6%) ; une part non négligeable d'entre eux est obtenue auprès des fournisseurs (13,4%) tandis que celle obtenue auprès des banques et institutions de microcrédit est très faible (3,4%). Les prêts obtenus sont consacrés pour une grande part à l'achat de matières premières (62,2%) ; toutefois, l'usage du crédit est plus diversifié chez les patrons. Pour ce qui est du type de contrat avec le prêteur, on note que très peu d'emprunts sont obtenus par un accord légalement reconnu (4,2%), davantage pour les travailleurs à compte propre (3,3%). Pour ce qui est du recours aux banques, très peu de chefs d'unités de production (1,3%) sollicitent un prêt auprès des banques pour leur activité. Quant à la réponse de celles-ci, l'on observe que les patrons qui sollicitent des prêts auprès d'elles en obtiennent relativement plus (33,3%) par rapport aux travailleurs à compte propre qui en sollicitent (10,5%). Les chefs d'unités de production ne sollicitent pas de prêts auprès des banques en général parce qu'ils jugent les démarches trop compliquées (47%) ou qu'ils ne veulent pas emprunter (24,7%). Pour ce qui est des institutions de microcrédit, seulement 22,3% des chefs d'unités de production les connaissent; cette part est un peu plus élevée chez les patrons (30,1%) et les chefs d'unités ont pour la plupart connu ces institutions par le « bouche à oreille » (53,2%). Enfin, sur les problèmes et perspectives des activités informelles, Le métier du chef d'unité de production est la modalité qui enregistre le plus fort pourcentage comme explication du choix de l'activité (27,5%) tandis que celle portant sur des « recettes plus stables qu'avec d'autres » enregistre le plus faible (5,5%). Le niveau de l'activité dans le secteur informel est fixé principalement en fonction de la prévision de la demande (32,3%) ou des commandes fermes (27,9%). La plupart des chefs d'unités de production informelles ont une attitude attentiste vis-à-vis des clients (62,9%). Les difficultés d'écoulement de la production, pour manque de clientèle (35,4%) ou pour concurrence excessive (25,4%) sont les plus courantes au niveau du secteur informel à Abidjan. Les moins courantes sont celles liées au « recrutement de personnel qualifié » (0,9%) et aux « difficultés techniques de fabrication » (1%). L'accès au crédit est le type d'aide le plus souhaité par les opérateurs du secteur informel à Abidjan (48,9%). La plupart des chefs d'unités de production informelles souhaiteraient développer davantage leur activité s'ils obtenaient un crédit pour le faire (61,2%). Les perspectives d'embauche sont faibles dans le secteur informel à Abidjan puisque seulement 22,4% des chefs d'unités ont l'intention d'embaucher au cours de l'année qui suit. Or, il ne s'agit que d'intentions. Les réalisations pourraient être encore plus faibles. Le manque de clientèle (57,4%), le manque de liquidités (46,1%), la concurrence (28,5%) et le manque de matières premières (24,4%) sont énumérées par les chefs d'unités comme les principales difficultés risquant de faire disparaître leur établissement. Le manque de liquidité (54,1%), le manque de clientèle (47,2%), l'excès de concurrence (24,3%) et les problèmes de locaux, de place (15,7%) sont les obstacles qui empêchent le développement de l'activité du secteur informel. Les chefs d'unités de production ont en général foi en l'avenir de leur activité (76,9%). Pour 14,4% des unités de production, le bénéfice aurait augmenté au cours de l'année écoulée alors qu'il serait resté constant pour 48,1% et diminué pour 37,5% d'entre elles. L'amélioration du bénéfice est imputable pour une grande part à la hausse de la production vendue (69,7%). La baisse du bénéfice est elle aussi imputable en général à celle de la production vendue (58,1%). Cependant, il est imputable pour une part importante à la hausse du prix des intrants (27,8%).
Données échantillonées [ssd]
Le fichier décrit d'une part, les caractéristiques des unités de production informelle à Abidjan et d'autre part celles de leur chef. Notamment , il décrit les conditions dans lesquelles se déroulent les activités du secteur informel et ce qu'ils en retirent.
Il s'agit de la version issue de l'apurement, traitement et analyse des données. En d'autres termes, c'est la version qui doit être mise à jour et publiée ci possible.
2009-07-17
Les sujets abordés dans ce document sont : les caractéristiques des opérateurs du secteur informel, les caractéristiques des unités de production informelles, l'environnement, la rentabilité économique et la teneur en emplois des activités informelles, le capital, l'investissement et le financement du secteur informel et les problèmes et les perspectives des activités informelles.
La ville d'Abidjan.
La commune.
L'étude a été réalisée à partir d'une enquête auprès des unités de production. L'échantillon a été tiré à partir des résultats de l'enquête-emploi réalisée au premier trimestre. Il a été composé de toutes les personnes ayant déclaré être indépendants ou employeurs et dont les entreprises ne sont pas enregistrées à la CNPS.
| Nom | Affiliation |
|---|---|
| Agence d'Etude et de Promotion de l'Emploi | Ministère de la Fonction Publique et de l'Emploi |
| Nom |
|---|
| Gouvernement de Côte d'Ivoire |
Voir méthode d'échantillonnage de CIV-AGEPE-SEA-2008.
Il se trouve que certains Chefs d'UPI ont changé de domicile et d'autres ont changé de situation vis à vis de l'emploi et d'autres sont passé de la vie à trépas.
66,33%
Pas de pondération car tous les chefs d'unités de production informelles repérées lors de la SEA 2008 ont été pris en compte dans l'univers de l'étude.
Un questionnaire individuel adressé aux chefs d'unités de production informelles. Les différents chapitres de celui-ci sont en conformité avec les thèmes de référence de l'étude. Dans le questionnaire, la plupart des questions sont fermées (choix unique et à choix multiple) et, bien entendu, le reste se partage entre les semi-ouvertes et ouvertes.
| Début | Fin | Cycle |
|---|---|---|
| 2008-11-07 | 2008-12-05 | 30 jours |
| Date de début | Date de fin | Cycle |
|---|---|---|
| 2007-10-25 | 2008-10-26 | 12 mois |
| Nom | Affiliation |
|---|---|
| Agence d'Etude et de Promotion de l'Emploi | Ministère de la fonction Publique et de l'Emploi |
Pendant la phase de la collecte, les agents cartographes, qui ont fait le repérage des ménages, ont assuré le suivi de celle-ci. En outre, ils acheminaient les questionnaires déjà remplis vers le personnel en appoint pour la vérification des données collectées. Et ils faisaient retourner les questionnaires mal remplis en vue de corriger les failles constatées.
Pour la collecte des données, les dispositions suivantes ont été prises : 1) préparation de l'enquête auprès des unités de production, sélection des unités à enquêter, élaboration du questionnaire, Information des autorités communales, impression du questionnaire, rédaction des lettres d'introduction dans les ménages, recrutement du personnel d'appoint, enquête pilote 2) collecte des données, repérage des sujets à enquêter, administration du questionnaire, suivi et contrôle des fiches de collecte, gestion du personnel de collecte.
Pour l'édition des données de bonne qualité, ces opérations suivantes ont été réalisées : Au niveau de la codification des données, contrôle de la codification Au niveau de la saisie, le contrôle de la saisie, centralisation des données au niveau du traitement, tabulation, apurement des fichiers.
Les données ainsi que les différents thèmes étudiés ont été comparés aux résultats des études réalisées au niveau national, par l'INS .
| Nom | Affiliation |
|---|---|
| Agence d'Etude et de Promotion de l'Emploi | Ministère de la Fonction Publique et l'Emploi |
| Requis | Texte de la déclaration de confidentialité |
|---|---|
| yes | Les données sont accessibles au public. |
Demande officielle adressée au Directeur Général de l'AGEPE.
Source : AGEPE/Observatoire, Ministère de la Fonction Publique et de l'Emploi, Etude sur le secteur informel à Abidjan, ESIA 2008, Version 0.1, Côte d'Ivoire.
L'AGEPE n'est nullement responsable des analyses dérivées de cette étude.
Tous droits réservés © Juillet 2008-AGEPE
| Nom | Affiliation | |
|---|---|---|
| Gilbert Kakou KASSI | AGEPE/Observatoire de l'emploi | kkassikakou@yahoo.fr |
| Emile Pénatien KONE | AGEPE/Observatoire de l'emploi | kopene2003@yahoo.fr |
| Francis FOA BI Zaro | AGEPE/Observatoire de l'emploi | fbizaro@yahoo.fr |
DDI-CIV-AGEPE-ESIA2008
| Nom | Affiliation |
|---|---|
| Agence d'étude et de promotion de l'emploi | Ministère de la Fonction Publique et de lEmploi |
2009-10-02
Version 1.1 (Octobre 2009): Première version issue de la formation sur l'outil TOOLKIT à Agboville